Résumés footbalistiques
Remerciements émus, félicitations échangées, admiration devant le tour de force réalisé, impeccable réussite de l’ensemble, embrassades laudatives : il y avait vraiment un goût bétancourien à vos réactions suite à mon résumé de notre barbecue de la semaine dernière ; toutes proportions gardées et au-delà du gonflement sans cesse croissant et de ma brioche et de mon ego surdimensionné, les quelques (deux ou trois) encouragements reçus dans le vestiaire ce jeudi midi, m’ont fait chaud au cœur. Au reste, le retour à la liberté d’Ingrid Bétancourt aura eu un impact nettement plus direct sur notre partie du 3 juillet : en effet, m’étant couché vers 2 heures du mat pour regarder les déclarations teintées d’illumination religieuse de l’intéressée, j’étais tellement crevé que vers 13h10, je me suis endormi sur le terrain… Ou du moins, c’était tout comme. Dans la salle ce jeudi, ce ne fut pas la guérilla colombienne, mais ce ne fut pas Carcassonne non plus, même si certains tirs autant qu’il m’en souvienne ont eu lieu à balles réelles.
Nous étions 14 : en bleu, Sébastien S, Sébastien M, Cédric, Philippe, Bruno, Julien, Fabrice et en jaune, Ali, Dimitri, Damien, Renaud, Anthony, Frédéric et Cyril. Sur le papier, les jaunes restaient supérieurs, mais le match fut assez curieux : autant les jaunes se montraient inventifs, agressifs et volontaires, autant ils échouaient dans les derniers mètres. Quasiment impossible de pénétrer la surface des bleus. C’était comme si les bleus restaient camouflés dans la jungle de leur surface : difficile de trouver l’ouverture malgré une supériorité militaire incontestable et une audace technique avérée. En face, c’était le contraire : un effectif visiblement assez timoré, jouant beaucoup derrière, osant peu, mais lançant des offensives commandos souvent fatales. Je me souviens parfaitement qu’il fallut attendre 12h47 pour que sur une touche jouée par Dimitri, Ali trouve de la tête la lucarne bleue. 1 à 0 ; et ce score resta en l’état encore 13 minutes ! En effet, c’est seulement à 13h que les jaunes parvinrent à doubler la mise : au regard de leur franche domination, c’était logique, mais tellement laborieux ! Pourtant, pas grand-chose à redire sur la tactique d’ensemble : moins que la maladresse des attaquants jaunes, c’est la belle et très régulière défense bleue qu’il faut souligner. Comme souvent, à peine une minute plus tard, les bleus revenaient à 1-2 : Cédric jouant très rapidement un coup-franc dans l’axe et trouvant le chemin des filets alors que les jaunes ne s’étaient pas encore replacés. Tant pis pour eux ! Comme pour effacer cette coupable passivité, les jaunes marquaient dans la foulée, sur une percée bien virulente de Damien, agressant dans les jambes du gardien bleu un ballon encore un peu mou… Pas bien joli, mais enfin, admettons ce but à l’emporte pièce.
Il était 13h et pas loin de 10 minutes, et je m’endormis sur Ingrid ; on pourra y voir une relation, peut-être, de cause à effet, mais le jeu devint moins fluide ; non seulement les jaunes devaient désormais composer quasiment sans moi (c’est pas tant que la différence entre mes périodes « on » et « off » soient très déterminante, c’est surtout que les bleus étaient 7 sur cette différence !) mais surtout les bleus continuaient sans désarmer leurs offensives : on vit ainsi le score évoluer, toujours à l’avantage jaune, mais l’écart se réduisant : 3-1 ; 3-2 ; 4-2 ; 4-3 ; 5-3
A ce moment, Anthony était déjà parti (les jaunes étaient donc en sous-nombre) et Ali fit de même, Sébastien S passant en jaune pour revenir à une partie à 6 contre 6 ; les bleus revinrent à 5-4 ; il était 13h28 au tableau et 13h24 en réalité. Sur un centre très précis et très vif de Philippe, Bruno plantait le dernier but égalisateur ; 5 partout ; on aurait pu jouer encore quelques minutes pour départager l’ensemble, mais j’étais si fatigué que je ne fis pas remarquer le décalage horaire entre le tableau et l’heure vraie ; conscient que ce match nul, finalement, n’était pas plus mal, et que jouer encore une poignée de minutes constituait un sérieux risque de voir une victoire bleue pour le coup assez injuste…
Ne courtant plus dès 13h10, j’ai eu tout le loisir de noter quelques bons moments :
- le deuxième but bleu : Dimitri gardait les buts ; Cédric arma une frappe parfaitement lisible ; le lobe était en route et Dimitri assura à ses coéquipiers « c’est bon ! » ; sauf que ce n’était pas bon du tout ! Contrairement à ce qu’il croyait, Dimitri était loin de sa ligne et laissa sottement le ballon entrer dans les buts ; ne soyons pas bégueule ! Même si Dimitri doit endosser la boulette, le geste de Cédric était parfait.
- Une mine terrible, à belle réelle de Philippe, mais qui s’écrasa sur la barre jaune.
- De bien belles combinaisons (Ingrid, elle, parle de « combination », mélangeant français et espagnol, mais on lui en veut pas, le français étant peu parlé dans la jungle colombienne…) chez les jaunes, hélas peu fertiles.
- Des contres et re-contres en pagaille dans la forêt de jambes et de mollets et dans les deux camps
- Des interceptions « contre son camp » dans les deux équipes, et un ballon amorti du bas ventre par Cédric et qui le laissa pensif, quelques minutes, allongé par terre…
- On notera que fort peu de buts furent marqués cette fois ! 5-5, c’est un score inédit, et jusque vers 13h15 où nous en étions encore à 3-1, je me suis dis que nous allions vers un score lilliputien…
Allez, UHLS ! on jouera encore jeudi prochain !