Résumés footbalistiques
La partie a commencé doucement à 6 contre 6 ; des équipes constituées « à la couleur » c'est-à-dire en mettant dans un camp les joueurs à T-shirt blanc, et dans l’autre ceux vêtus de tenues bigarrées.
Dès le début, le grand Sébastien s’est distingué : et d’abord parce que jouant avec les « blancs » alors qu’il portait un maillot d’un gris profond. Un avant-goût de son indécision notée sur le terrain. En effet, auteur du premier geste vraiment offensif, il tentait de reprendre de volée un ballon parti en chandelle ; sûrement rendu prudent par l’avertissement notifié la veille et qui stipulait que les frappes assassines ne seraient plus absoutes par un très hypocrite « oh, pardon ! », Sébastien armait un geste puissant et se ravissait au moment de taper dans le ballon. Le résultat fut conforme à cet embrouillamini gestuel, et le ballon fila mollement en bondissant assez sottement loin du cadre...
Les Blancs furent rejoints assez vite par Philippe (Fournier) qui portait donc le déséquilibre numérique à 7 joueurs contre 6. Les Blancs rassemblaient à ce moment Sébastien S (Talant), Sébastien M (Talant), Christophe P (CG), Jérôme (CG), Philippe (Fournier), Bruno (CG) et Renaud (Talant), tandis que les Bleus – car certains avaient mis une seyante chasuble – comptaient Christophe C (Talant), Dimitri (Fournier), Laurent (Fournier), Cyril (Fournier) et deux autres Fournier dont les prénoms sont encore inconnus... Mais il se peut qu’il se trouve parmi eux au moins un Christophe ou un Sébastien, puisqu’il semble que ce soit là des prénoms usuels sur les terrains du jeudi...
Le score, fort de cette supériorité numérique, évolua assez vite en faveur des Blancs. Cela jouait plutôt bien, même si les buts marqués restaient assez conventionnels : un jeu à l’allemande, puissant, pas forcément vif, mais efficace et précis. À 6 buts contre 1, les Bleus sonnèrent la contre-attaque : le style britannique, vif et agressif, rigoureux dans le repli et le placement, pris le pas sur des joueurs blancs rendus un peu amorphes par une décontraction toujours coupable. Revenus à 6 buts à 4, les bleus estimaient que les blancs étaient « cuits ». Pas tout à fait cependant ! La tactique blanche se porta sur des relances rapides, obligeant les Bleus à d’épuisantes allées et venues ; tout cela restait toutefois assez brouillon, les relances ne trouvant qu’exceptionnellement un partenaire qui fut sur le terrain ; si la majorité des joueurs blancs avaient eu la bonne idée de rester hors des limites du terrain, ils auraient pu récupérer quelques uns des ballons adressés par Sébastien M resté gardien, mais cela aurait-il été bien orthodoxe ? Un contre blanc trouvait toutefois le chemin des filets pour engranger un généreux 7-4 ; c’est là que Sébastien M fut puni de ses approximations de relanceur : sur une puissante reprise de Laurent, il s’opposait victorieusement à un tir parfaitement délinquant ; un beau geste d’abnégation très empreint d’esprit sportif et que Coubertin, dans sa salle, eut apprécié. Hélas, si l’important c’est de participer, il faut admettre que Sébastien se montra moins décisif sur le deuxième tir rendu possible par un renvoi incontrôlable du ballon pile dans les pieds du même Laurent : le deuxième missile ne fut même pas repéré avant de finir dans les filets. Même pas un « oh pardon » prononcé par Laurent pour atténuer la peine du gardien ; la sauvagerie s’accommode mal de la courtoisie. 7-5, donc ; les Bleus revenaient à deux points ; écart qu’ils ne purent réduire malgré leurs efforts, la partie s’achevant sur un 11-8. La fin de partie fut sifflée sur un ballon passé au-dessus de la barre des Bleus, Jérôme étant à l’origine du tir.
Quelques beaux gestes furent notés :
- un but très opportuniste marqué en pleine course par Philippe, du bout du pied (il serait honnête d’ajouter qu’il ne l’a pas vraiment fait exprès)
- un excellent centre en retrait de Jérôme ; Renaud n’ayant plus qu’à pousser le ballon de la tête dans le but gardé par Christophe C, lui-même étrangement moins tactile que la minute précédente
- un anonyme de chez Fournier sortant de ses buts pour attraper à pleines mains un ballon en dehors de sa surface
- l’opiniâtreté résolue de Jérôme qui conclut une percée terrible par une reprise d’un centre dans un geste évident de pureté ; une motte de terre aussi espiègle qu’incongrue sur le terrain l’empêcha sans doute de cadrer sa reprise dans le but vide ; la chandelle étonnante qui suivit fit se demander à Bruno si Jérôme ne cherchait pas par là à copier son style inimitable...
- une conduite de balle brésilienne de Laurent, menant de la tête et sur une demi douzaine de mètres, le ballon dans les buts blancs au grand dépit de Philippe qui se contenta d’accompagner la course de l’attaquant (sûrement pour prendre des photos ?)
Dans le vestiaire, les avis des joueurs trouvaient comme chaque fois un consensus impeccable : « pfff, pff, pfff, humpf » furent comme chaque jeudi à 13 h 30 les mots les plus souvent prononcés et sur lesquels aucun ne trouva rien à redire.
Rendez-vous jeudi 13, même heure, même endroit.
UHLS